23/08/2008

Ps.22 Homme de douleur


 

Psaume 22 - L'homme de douleur
 
Au chef de musique. Sur « Ajéleth-Hashakhar ».
Psaume de David.

Dès la suscription de ce Psaume, nous sommes placés devant son caractère unique. C’est le seul Psaume qui soit chanté sur ce mode musical, "Ajéleth-Hashakhar", qui se traduit par "La Biche de l’Aurore"… Qu'évoque-t-il ? Nul ne peut sans doute l'affirmer, puisqu'il n'y a pas d'autre acception de l'expression. Mais nous pouvons néanmoins penser qu’il évoque une solitude et aussi le début d’un jour nouveau ! Ce jour évoqué par les prophètes : "Alors ta lumière jaillira comme l'aurore et ta santé germera promptement, et ta justice marchera devant toi, la gloire de l'Éternel sera ton arrière-garde" (Ésaïe 58:8). Le fondement de la bénédiction universelle n’est-il pas le sacrifice du Christ ? Et le fondement de notre joie aussi, à nous qui croyons que ce sacrifice nous a ouvert l’accès à Dieu ! (Éphésiens 2:18).
 
Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ?

Nous nous trouvons, ici, devant la parole centrale de la croix, la quatrième parole qu’y prononça Jésus. Ce cri de douleur absolue nous rend conscients du sens de ces heures de l’abandon de Dieu et de la solitude la plus profonde qu’Il ressentit tandis qu’il était offert en sacrifice pour que la justice de Dieu soit exercée, et qu’il pût alors, en justice, prononcer la grâce sur quiconque croit. Alors s’accomplissait cette parole prononcé plus d’un millénaire auparavant : "Et Abraham dit : Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8). En plein midi, Jésus, étant exposé à la méchanceté des hommes, fut plongé dans de profondes ténèbres, la nuit la plus noire, pour être, dans cette solitude absolue, le sacrifice parfait ! Après les outrages des hommes, ces trois heures : "Depuis la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu'à la neuvième heure" (Matthieu 27:45). Nous lisons dans le Livre d’Ésaïe : "Il plut à l'Éternel de le meurtrir ; il l'a soumis à la souffrance" (Ésaïe 53:10). A Gethsémané, il priait, anticipant cette souffrance absolue : "Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite" (Luc 22:42). L’heure était arrivée ! "Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire ?" (Luc 24:26). Et par son sacrifice, la justice de Dieu étant rencontrée, tout homme qui ne le rejette pas est sauvé, selon de décret de la miséricorde de Dieu !

1 Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m'as-tu abandonné [Matthieu 27:46, Marc 15:34], te tenant loin de mon salut, - des paroles de mon rugissement ?
2 Mon Dieu ! je crie de jour, mais tu ne réponds point ; et de nuit, et il n'y a point de repos pour moi.
3 Et toi, tu es saint, toi qui habites au milieu des louanges d'Israël.

On ne peut passer rapidement sur ces versets, sur ce cri d’une douleur absolue qui fut prononcé à la Croix du Calvaire ! Ne faut-il pas y voir les herbes amères qui accompagnent l’agneau pascal (Exode 12:8, Nombres 9:11) ! Nous ne pouvons pas entrer vraiment dans ces profondeurs… Gardons-nous de penser qu'il s'agissait pour Jésus Christ de la récitation du Psaume. Penser ainsi serait un outrage au Seigneur. Le Psaume est lui-même une parole prophétique, afin que nous puissions comprendre, par les Écritures, le sens de la croix ! Le sens de ces trois heures de ténèbres, lorsque Celui qui est la Lumière du monde (Jean 8:12), est plongé dans les ténèbres ! Les ténèbres du jugement pour nos fautes, selon ce que le prophète avait annoncé : "mais il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris" (Ésaïe 53:5). La solitude est absolue, il n’y avait pas de possibilité d’échapper à ces heures, car Dieu devait exercer le jugement soit sur l’homme – chaque homme – soit sur le substitut… le "Fils de l’homme", selon qu'il était écrit qu'Il devait être "visité" (Psaume 8:4).

4 Nos pères se sont confiés en toi ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés.
5 Ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n'ont point été confus.
6 Mais moi, je suis un ver, et non point un homme ; l'opprobre des hommes, et le méprisé du peuple.
7 Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils ouvrent la bouche, ils hochent la tête :
8 Il se confie à l'Éternel : qu'il le fasse échapper, qu'il le délivre, car il prend son plaisir en lui !
9 Mais c'est toi qui m'as tiré du sein qui m'a porté ; tu m'as donné confiance sur les mamelles de ma mère.
10 C'est à toi que je fus remis dès la matrice ; tu es mon Dieu dès le ventre de ma mère.
11 Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche, car il n'y a personne qui secoure.

Nous lisons ici la dureté des hommes face à la douleur la plus effroyable… Et, en effet, autour de la croix, les hommes se moquaient : "Il s'est confié en Dieu ; qu'il le délivre maintenant, s'il tient à lui ; car il a dit : Je suis fils de Dieu" (Matthieu 27:43). Et face à la souffrance, face à la solitude de Celui qui manifesta sans cesse la bonté de Dieu, le méchant ne désarme pas…

12 Beaucoup de taureaux m'ont environné, des puissants de Basan m'ont entouré ;
13 Ils ouvrent leur gueule contre moi, comme un lion déchirant et rugissant.
14 Je suis répandu comme de l'eau, et tous mes os se déjoignent ; mon cœur est comme de la cire, il est fondu au dedans de mes entrailles.
15 Ma vigueur est desséchée comme un têt, et ma langue est attachée à mon palais ; et tu m'as mis dans la poussière de la mort.

La douleur du crucifié est dépeinte de façon surprenante des siècles avant que ce supplice ne soit enduré ! Notamment cette soif intense de la crucifixion (Jean 19:28).

16 Car des chiens m'ont environné, une assemblée de méchants m'a entouré ; ils ont percé mes mains et mes pieds ;
17 Je compterais tous mes os. Ils me contemplent, ils me regardent ;
18 Ils partagent entre eux mes vêtements, et sur ma robe ils jettent le sort [Jean 19:36].
19 Et toi, Éternel ! ne te tiens pas loin ; ma Force ! hâte-toi de me secourir.
20 Délivre mon âme de l'épée, mon unique de la patte du chien.
21a Sauve-moi de la gueule du lion.

Les mains percées ! Le prophète Zacharie en parle également, quelque cinq siècles avant la croix : "Et on lui dira : Quelles sont ces blessures à tes mains ? Et il dira : Celles dont j'ai été blessé dans la maison de mes amis" (Zacharie 13:6). Expression merveilleuse de grâce et de pardon, de la part de Celui qui s’est donné en sacrifice. Elles traduisaient déjà, dans ces siècles si lointains, ce qui devait être au cœur de Celui qui s’est livré afin d’acquérir pour Dieu une famille…
 
Tu m’as répondu !

 
La fin ! "Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C'est accompli. Et ayant baissé la tête, il remit son esprit" (Jean 19:30). Et Celui que la mort ne pouvait retenir (Hébreux 2:9, 13:20, Apocalypse 1:18) – car il est entré dans la mort en vainqueur – peut alors se répandre dans ces paroles touchant le peuple des rachetés…

21b Tu m'as répondu d'entre les cornes des buffles.
22 J'annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation [Hébreux 2:12].
23 Vous qui craignez l'Éternel, louez-le ; toute la semence de Jacob, glorifiez-le ; et révérez-le, vous, toute la semence d'Israël ;
24 Car il n'a pas méprisé ni rejeté l'affliction de l'affligé, et n'a point caché sa face de lui ; mais, quand il a crié vers lui, il l'a écouté.

Ici encore, il est bon de réaliser que les Israélites pouvaient comprendre ces paroles – non pas, bien sûr, dans leur profondeur infinie. En effet, les prophètes avaient parlé du Messie, notamment au Livre d'Ésaïe, où nous lisons : "Mais il plut à l'Éternel de le meurtrir ; il l'a soumis à la souffrance. S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence ; il prolongera ses jours, et le plaisir de l'Éternel prospérera en sa main. Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait. Par sa connaissance mon serviteur juste enseignera la justice à plusieurs, et lui, il portera leurs iniquités" (Ésaïe 53:10-11). Après l'accomplissement de cette parole, l’auteur de l’épître aux Hébreux ajoutera : "Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu" (Hébreux 12:2). Il faut nous arrêter sur ces paroles, et sur celles de notre Psaume :

25 De toi vient ma louange dans la grande congrégation. Je payerai mes vœux devant ceux qui te craignent.
26 Les débonnaires mangeront et seront rassasiés ; ceux qui cherchent l'Éternel le loueront ; votre cœur vivra à toujours.

Ces paroles s’adressent à Dieu, évoquant le peuple de Dieu, la congrégation des rachetés. Cette congrégation est désignée ; ce sont ceux qui craignent l’Eternel, ceux qui le recherchent, les débonnaires à propos desquels le Seigneur dira : "Bienheureux les débonnaires, car c’est eux qui hériteront de la terre" (Matthieu 5:5). Le "fruit du travail de son âme" (Ésaïe 53:11) est ainsi évoqué, cette grande congrégation de ceux qui cherchent l’Eternel, ainsi rassemblés autour de l’auteur de leur salut, autour de Celui qui, par son sacrifice, a fondé en justice la réconciliation avec Dieu ! Celui dont il est aussi annoncé le règne sur toute la terre : "C'est peu de chose que tu me sois serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d'Israël ; je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu'au bout de la terre" (Ésaïe 49:6).

27 Tous les bouts de la terre se souviendront, et ils se tourneront vers l'Éternel, et toutes les familles des nations se prosterneront devant toi.
28 Car le royaume est à l'Éternel, et il domine au milieu des nations.
29 Tous les gras de la terre mangeront et se prosterneront ; devant lui se courberont tous ceux qui descendent dans la poussière, et celui qui ne peut faire vivre son âme.
30 Une descendance le servira ; elle sera comptée au Seigneur comme une génération.
31 Ils viendront et raconteront sa justice à un peuple qui naîtra,... qu'il a fait ces choses.

Ainsi, dans ces dernières paroles du Psaume, nous voyons poindre une ère de bénédiction qui s’étendra à toute la terre, à toutes les nations, et cela autour d’un peuple qui renaîtra par la connaissance du Messie, selon l’annonce des prophètes (Ésaïe 61:9). Ce qu'aussi évoque l'Épître aux Romains, lorsqu'il est écrit : "... et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit : Le libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l'impiété. Et c'est là l'alliance de ma part pour eux, lorsque j'ôterai leurs péchés" (Romains 11:16-32), reprenant les paroles du Livre d'Ésaïe (Ésaïe 59:20-21 et 27:9).
 
Ainsi s’achève ce Psaume qui, sur le fondement de l’œuvre de la croix, annonce la bénédiction présente et à venir, la part bénie de tous les rachetés, comme aussi l’ère de paix qui enveloppera toutes les nations de la terre ! Nous ne pouvons que nous incliner devant cette vision prophétique intimement liée à la parole des prophètes. Qui pourrait, devant de telles paroles, s’étonner de la croix, ce chemin merveilleux par lequel Dieu souligna sa justice tout en déployant son amour infini… "Car à peine, pour un juste, quelqu'un mourra-t-il, (car pour l'homme de bien, peut-être, quelqu'un se résoudrait même à mourir) ! Or voici comment Dieu, lui, met en évidence son amour pour nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous" (Romains 5:8).

 

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Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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18:00 Écrit par Eric dans L1d Psaumes 22 à 24 | Commentaires (0)

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