18/08/2008

Ps.38 Pour faire souvenir


 

Psaume 38 - Prière pour faire souvenir
 
Psaume de David, pour faire souvenir.

Ce Psaume est peut-être un des plus tristes qui soient ! Le croyant, le racheté, se rappelle l’état dans lequel il s’est trouvé et l’évoque pour se souvenir et faire mémoire de la situation qui peut être vécue sur la terre… L’abattement profond de l’homme qui, quoique se tournant vers Dieu, est comme désespéré. Nous voyons ici un homme qui désire marcher droit, qui recherche ce qui est juste ! Ne dit-il pas qu’il poursuit ce qui est bon (vers.20) ! Mais un double poids repose sur lui encore : celui de la juste colère de Dieu, et aussi l’accablement d’être haï sans justification par le seul fait de désirer marcher droit…
 
Se référant à l’histoire du roi David, nous pouvons penser aux malheurs qui le touchèrent lorsqu’un de ses fils entraîna la révolte contre lui… (2 Samuel 15). La première pensée, dans ce flot de tristesses, rend néanmoins compte de la connaissance de la miséricorde de Dieu ! Le Psalmiste ressent le poids de ses manquements, mais se tourne vers Celui qui seul peut le secourir. Ses fautes, il ne peut les oublier, et ainsi il va tout du long se répandre dans la douleur.

1 Éternel ! ne me reprends pas dans ta colère, et ne me châtie pas dans ta fureur.
2 Car tes flèches ont pénétré en moi, et ta main est descendue sur moi.
3 Il n'y a rien d'entier en ma chair, à cause de ton indignation ; point de paix dans mes os, à cause de mon péché.
4 Car mes iniquités ont passé sur ma tête ; comme un pesant fardeau, elles sont trop pesantes pour moi.

Mes iniquités, un pesant fardeau… Oui, il est fatigué et chargé ! Mais, même et surtout dans la conscience d'une réelle culpabilité devant Dieu, il y a une ressource : la miséricorde. Ésaïe, le prophète ne dit-il pas : "Venez, et plaidons ensemble, dit l'Éternel : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s'ils sont rouges comme l'écarlate, ils seront comme la laine" (Ésaïe 1:18).
 
La complainte alors se poursuit. C'est en des expressions imagées mais combien suggestives que le Psalmiste exprime ce poids qui l'oppresse…

5 Mes plaies sont fétides, elles coulent, à cause de ma folie.
6 Je suis accablé et extrêmement courbé ; tout le jour je marche dans le deuil ;
7 Car mes reins sont pleins d'inflammation, et il n'y a rien d'entier dans ma chair.
8 Je suis languissant et extrêmement brisé ; je rugis dans le frémissement de mon cœur.
9 Seigneur ! tout mon désir est devant toi, et mon gémissement ne t'est point caché.
10 Mon cœur bat fort, ma force m'a abandonné, et la lumière de mes yeux aussi n'est plus avec moi.

Dans cette souffrance morale, il se tourne vers son Seigneur ! Vers Dieu qu’il recherche ! Car Lui seul peut le délivrer. Sa solitude est immense ; même ses amis se tiennent loin de lui… Et quant à ceux qui lui sont hostiles, ils se réjouissent !

11 Ceux qui m'aiment, et mes compagnons, se tiennent loin de ma plaie, et mes proches se tiennent à distance,
12 Et ceux qui cherchent ma vie me tendent des pièges, et ceux qui cherchent mon mal parlent de malheurs et disent des tromperies tout le jour.
13 Et moi, comme un sourd, je n'entends pas, et, comme un muet, je n'ouvre pas la bouche.
14 Je suis devenu comme un homme qui n'entend point et dans la bouche duquel il n'y a pas de réplique.

Et moi, … je n’ouvre pas la bouche… C’est ici le silence ! Rappeler les amis ? Débattre avec les ennemis ? A quoi servent les mots lorsque la douleur est si grande ? Et il s’en remet au Seul qui peut le délivrer ; la demande est maintenant pressante…

15 Car je m'attends à toi, Éternel ! Toi, tu répondras, Seigneur, mon Dieu !
16 Car j'ai dit : Qu'ils ne se réjouissent pas à mon sujet ! Quand mon pied chancelle, ils s'élèvent orgueilleusement contre moi.
17 Car je suis prêt à boiter, et ma douleur est toujours devant moi ;
18 Car je déclarerai mon iniquité ; je suis en peine pour mon péché.
19 Et mes ennemis sont vivants, ils sont forts, et ceux qui me haïssent sans motif sont nombreux ;
20 Et ceux qui me rendent le mal pour le bien sont mes adversaires, parce que je poursuis ce qui est bon.

Et tandis qu’il se tourne vers Dieu, nous voyons les forces lui revenir, nous constatons qu’il se relève, que l’âme est restaurée… (Psaume 23:3). Et même le doute quant au secours s’estompe. L'espoir du secours se mue en demande que ce secours, dont il arrive à être convaincu, ne tarde pas...

21 Éternel ! ne m'abandonne point ; mon Dieu ! ne t'éloigne pas de moi.
22 Hâte-toi de me secourir, Seigneur, mon salut !

Seigneur, mon salut ! Pensons-nous qu’une telle supplication puisse ne pas être entendue ?
 
Il y a un passage à quelques égards comparable dans l’épître aux Romains, lorsque l’apôtre expose la situation que peut vivre un homme qui a le désir de marcher avec Dieu, mais ressent ce qui est en lui-même : "Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif de la loi du péché qui existe dans mes membres. Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?" L’apôtre affirme alors, à l'adresse de quiconque traverserait de telles difficultés, la délivrance, la liberté du croyant devant Dieu : "Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur" (Romains 7:23-25). Il développe ensuite cette liberté, la position du croyant devant Dieu, et cet amour qui l’enveloppe et qui ne peut lui être ôté.

 

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Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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12:00 Écrit par Eric dans L1f Psaumes 35 à 39 | Commentaires (0)

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