06/08/2008

Ps.74 Dans la désolation


 

Psaume 74 - Supplication dans la désolation
 
Pour instruire. D'Asaph.

Ces paroles sont tirées du plus profond de la désolation, et nous pouvons penser à l’exil à Babylone, car le Sanctuaire, le Temple de Jérusalem a été ravagé par les flammes (vers.8) … Ce Psaume commence par des paroles fortes, un profond sentiment d’abandon…

1 Pourquoi, ô Dieu, rejettes-tu sans cesse ? Pourquoi ta colère fume-t-elle contre le troupeau de ta pâture ?

Cette expression est violente ! Mais pensons à diverses circonstances du peuple d’Israël, et en particulier cette douleur des Judéens dans les colonnes de l’exil… Et même pour nous, lorsque des circonstances étaient désastreuses, ne serions-nous pas enclins à penser que la situation est définitivement compromise ? Mais dans cette douleur, le Psalmiste retient une expression des plus précieuse : "le troupeau de la pâture de Dieu !". Qui n’a pas à l’esprit cette parole : "L’Eternel est mon berger !". Et les Israélites en exil ont été, eux aussi, nourris de cette pensée par le prophète (Ézéchiel 34:11-12). Et nous nous tournons naturellement vers Celui qui dit : "Moi, je suis le bon berger…" (Jean 10:11).
 
Cette pensée conduit naturellement à une prière dans laquelle nous pouvons comme respirer à chaque ligne la confiance dans Celui qui délivre… en considérant l’homme qui a ravagé le Sanctuaire.

2 Souviens-toi de ton assemblée, que tu as acquise autrefois, que tu as rachetée pour être la portion de ton héritage, - de la montagne de Sion, où tu as habité.
3 Élève tes pas vers les ruines perpétuelles ; l'ennemi a tout saccagé dans le lieu saint.
4 Tes adversaires rugissent au milieu des lieux assignés pour ton service ; ils ont mis leurs signes pour signes.
5 Un homme se faisait connaître quand il élevait la hache dans l'épaisseur de la forêt ;
6 Et maintenant, avec des cognées et des marteaux, ils brisent ses sculptures toutes ensemble.
7 Ils ont mis le feu à ton sanctuaire, ils ont profané par terre la demeure de ton nom ;
8 Ils ont dit en leur cœur : Détruisons-les tous ensemble. Ils ont brûlé tous les lieux assignés pour le service de Dieu dans le pays.
9 Nous ne voyons plus nos signes ; il n'y a plus de prophète, et il n'y a personne avec nous qui sache jusques à quand.
10 Jusques à quand, ô Dieu ! l'adversaire dira-t-il des outrages ? L'ennemi méprisera-t-il ton nom à jamais ?
11 Pourquoi détournes-tu ta main, et ta droite ? Tire-la de ton sein : détruis !

Cette adresse à Dieu lui-même s’interrompt alors pour "parler de Dieu", du Dieu d’ancienneté… Pour se rappeler les délivrances passées dans des expressions adressées au Seigneur.

12 Et Dieu est d'ancienneté mon roi, opérant des délivrances au milieu de la terre.
13 Tu as fendu la mer par ta puissance, tu as brisé les têtes des monstres sur les eaux ;
14 Tu as écrasé les têtes du léviathan, tu l'as donné pour pâture au peuple, - aux bêtes du désert.

Le léviathan est un être mythique de la littérature cananéenne de l’époque, il est présenté comme un monstre marin à sept têtes. En Esaïe, il représente les puissances des nations, des empires, qui ont asservi Israël, tant l’Égypte du temps de Moïse que les grands empires assyrien ou babylonien (Ésaïe 27:1)., Nous le retrouvons au Livre de l'Apocalypse, bête effrayante nantie de dix cornes et sept têtes (Apocalypse 13), Dans notre Psaume, il évoque l’Égypte et le temps de l’esclavage. Les prophètes du temps de l’exil feront le lien entre la délivrance de l’Égypte et la sortie de Babylone qu’ils annoncent.
 
Les paroles se font de plus en plus pressantes : "Souviens-toi… Ne livre pas… N’oublie pas… Regarde à l’alliance… "

15 Tu as fait sortir la source et le torrent ; tu as séché les grosses rivières.
16 À toi est le jour, à toi aussi la nuit ; toi tu as établi la lune et le soleil.
17 Tu as posé toutes les bornes de la terre ; l'été et l'hiver, c'est toi qui les as formés.
18 Souviens-toi de ceci, que l'ennemi a outragé l'Éternel ! et qu'un peuple insensé a méprisé ton nom.
19 Ne livre pas à la bête sauvage l'âme de ta tourterelle ; n'oublie pas à jamais la troupe de tes affligés.
20 Regarde à l'alliance ! Car les lieux ténébreux de la terre sont pleins d'habitations de violence.
21 Que l'opprimé ne s'en retourne pas confus ; que l'affligé et le pauvre louent ton nom.
22 Lève-toi, ô Dieu ! plaide ta cause, souviens-toi des outrages que te fait tous les jours l'insensé.
23 N'oublie pas la voix de tes adversaires : le tumulte de ceux qui s'élèvent contre toi monte continuellement.

"Regarde à l’alliance... Lève-toi, ô Dieu ! Plaide ta cause…" Dans la bouche du fidèle, la désolation du peuple devient, la cause de Dieu, une atteinte à sa gloire… C’était déjà la confiance du jeune David… Le peuple de l’Alliance, quoiqu’il soit loin d’être parfait, était le peuple de Dieu ! Et son armée était "les troupes rangées du Dieu vivant" (1 Samuel 17:36).
 
Ainsi, nous le voyons, la confiance ne peut s’appuyer sur des mérites... Quel mérite personnel serait suffisant pour justifier la confiance ? Non, celle-ci s’appuie sur Dieu lui-même, un Dieu connu pour son amour et sa fidélité… Ainsi Paul écrit : "Que dirons-nous donc à ces choses ? Si Dieu est pour nous qui sera contre nous ?" (Romains 8:31).

 

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Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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12:01 Écrit par Eric dans L3a Psaumes 73 à 79 | Commentaires (0)

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