05/08/2008

Ps.78 La miséricorde


 

Psaume 78 - Instruction. Défaillances et Miséricorde
 
Pour instruire. D'Asaph.

Nous abordons ici un enseignement qui suit bien à propos le Psaume précédent. Il s'agit d'un rappel, et un appel pour que servent les expériences passées, celles d'un peuple choisi par Dieu et appelé à une mission particulière en vue de la bénédiction de toutes les nations.
 
Introduction : La mission du Peuple

C’est véritablement pour instruire que ces paroles sont chantées, un mode qui favorise la mémorisation. Elles doivent permettre que ne soient pas oubliées les leçons de l’histoire vécue par le peuple d’Israël.
 
Au verset 2, nous lisons : "J’ouvrirai ma bouche en paraboles…", parole reprise dans un Évangile  (Matthieu 13:35). Un mode d’enseignement bien courant dans toute l’Ecriture, bien propre à faire comprendre des leçons dont les applications sont multiples, tant l’histoire se répète… L’histoire bien vacillante de la foi sur la terre (Luc 18:8).

1 Prête l'oreille à ma loi, mon peuple ! inclinez vos oreilles aux paroles de ma bouche.
2 J'ouvrirai ma bouche en paraboles, j'annoncerai les énigmes des jours d'autrefois,
3 Que nous avons entendues et connues, et que nos pères nous ont racontées.
4 Nous ne les cèlerons pas à leurs fils ; nous raconterons à la génération à venir les louanges de l'Éternel, et sa force, et ses merveilles qu'il a faites.

Le point de départ est l’action de Dieu, et son choix de la descendance de Jacob pour que son Nom soit connu sur la terre. Ils ont reçu la Loi, élément maître de l’Alliance conclue en Sinaï. Cette "loi grande et honorable" (Ésaïe 42:21) confiée au peuple qu’Il a choisi : "Car tu es un peuple saint, consacré à l'Éternel, ton Dieu, et l'Éternel t'a choisi, afin que tu sois pour lui un peuple qui lui appartienne en propre, d'entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre" (Deutéronome 14:2). Une loi, et aussi une charge de témoin qu’ils avaient à se transmettre de génération en génération.

5 Il a établi un témoignage en Jacob, et il a mis en Israël une loi qu'il a commandée à nos pères, pour qu'ils les fissent connaître à leurs fils,
8 Afin que la génération à venir, les fils qui naîtraient, les connussent, et qu'ils se levassent et les annonçassent à leurs fils,
7 Et qu'ils missent leur confiance en Dieu, et qu'ils n'oubliassent pas les œuvres de Dieu, et qu'ils observassent ses commandements,
8 Et qu'ils ne fussent pas, comme leurs pères, une génération indocile et rebelle, une génération qui n'a point affermi son cœur, et dont l'esprit n'a pas été fidèle à Dieu.

Chanter ce cantique est une attestation du fait que des hommes demeuraient attachés à la Loi et au Témoignage, mais ce cantique n’édulcore pas pour autant les leçons de l’histoire, et les écarts commis dans le chemin. Et même il fait état d'une situation désastreuse, évoquant le ruine du Royaume du Nord, les Dix Tribus exilées depuis le temps de la puissance assyrienne, et dont on n’a pas de trace jusqu’à aujourd’hui…

9 Les fils d'Éphraïm, armés et tirant de l'arc, ont tourné le dos le jour du combat.
10 Ils n'ont pas gardé l'alliance de Dieu, et ont refusé de marcher selon sa loi ;
11 Et ils ont oublié ses actes et ses œuvres merveilleuses, qu'il leur avait fait voir.

Le Royaume du Nord, souvent appelé "Ephraïm" (Ésaïe 7:2), était allé jusqu’à établir des sanctuaires afin d’encourager le peuple à ne pas aller à Jérusalem, et même ses gouvernants s’étaient engagés dans des alliances avec la Syrie voisine pour combattre le Royaume de Juda ! Ils avaient oublié les actes et les œuvres du Seigneur Dieu !
 
La Sortie d’Egypte

Regardant au patrimoine spirituel commun aux Douze Tribus d’Israël, le Psalmiste revient en arrière dans l’histoire. Les actes et les œuvres merveilleuses du Seigneur sont illustrés en leur paroxysme par la sortie d’Égypte…

12 Il fit des merveilles devant leurs pères dans le pays d'Égypte, dans la campagne de Tsoan.
13 Il fendit la mer, et les fit passer : il fit se dresser les eaux comme un monceau ;
14 Et il les conduisit, le jour par une nuée, et toute la nuit par une lumière de feu.
15 Il fendit les rochers dans le désert, et les abreuva comme aux abîmes, abondamment ;
16 Et il fit sortir des ruisseaux du rocher, et fit couler les eaux comme des fleuves.

Quels rappels ! Nous connaissons cette sortie d’Égypte et les quarante années au désert, conduits par la "nuée" (Exode 13:21), nourris de la manne "tombée des cieux" chaque matin… (Exode 16:31), abreuvés de "l’eau du rocher" (Exode 17:6)... Mais nous connaissons aussi les doutes, les regards tournés en arrière, vers l’Égypte… En effet, tant de bienfaits, de soins aussi prévenants conduisent-ils à la fidélité, à la confiance en Dieu ? Ces leçons nous parlent… Délivrés de l’esclavage, ils sont allés jusqu’à "parler contre Dieu" (vers.19). Et même ils Le provoquent !

17 Et ils péchèrent de nouveau contre lui, irritant le Très-haut dans le désert ;
18 Et ils tentèrent Dieu dans leurs cœurs, en demandant de la viande selon leur désir ;
19 Et ils parlèrent contre Dieu ; ils dirent : Dieu pourrait-il dresser une table dans le désert ?

C’était un véritable affront... auquel Dieu répondit en grâce. Tout du long, ce Psaume met en regard les voies de Dieu et les infidélités des hommes. Et c’est bien la question : faire confiance ! Comme nous lisons l’enseignement des Évangiles : "Ne soyez pas en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus : la vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?" (Matthieu 6:25).

20 Voici, il a frappé le rocher, et les eaux ont coulé, et des rivières ont débordé : pourrait-il aussi donner du pain, ou préparer de la chair à son peuple ?

La réponse ? L’eau coule du rocher… "car ils buvaient d'un rocher spirituel qui les suivait : et le rocher était le Christ" (1 Cor.10:4).
 
Dans le verset qui vient, nous lisons : "la grande colère du Seigneur". "Pourquoi ?", dirions-nous ? La réponse mérite que nous nous y arrêtions…

21 C'est pourquoi l'Éternel les entendit, et se mit en grande colère ; et le feu s'alluma contre Jacob, et la colère aussi monta contre Israël,
22 Car ils ne crurent pas Dieu, et ne se fièrent pas en son salut.

Ils ne se fièrent pas en son salut, comme il sera dit des siècles plus tard, dans l’épître aux Hébreux, laquelle commente les mêmes faits : "Comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut ?" (Hébreux 2:3). La question est très importante… Que peut-il advenir à quelqu’un qui rejette la grâce ?

23 Bien qu'il eût commandé aux nuées d'en haut, et qu'il eût ouvert les portes des cieux,
24 Et qu'il eût fait pleuvoir sur eux la manne pour manger, et qu'il leur eût donné le blé des cieux :
25 L'homme mangea le pain des puissants ; il leur envoya des vivres à satiété.
26 Il fit lever dans les cieux le vent d'orient, et il amena par sa puissance le vent du midi ;
27 Et il fit pleuvoir sur eux de la chair comme de la poussière, et, comme le sable des mers, des oiseaux ailés ;
28 Et il les fit tomber au milieu de leur camp, autour de leurs demeures.
29 Et ils en mangèrent, et en furent abondamment rassasiés. Il leur envoya ce qu'ils convoitaient.

Le Seigneur répondait à la provocation par des signes d’attention compatissante… Mais chaque fois ils se rebellaient à nouveau !

30 Ils ne s'étaient pas encore détournés de leur convoitise, leur viande était encore dans leur bouche,
31 Que la colère de Dieu monta contre eux ; et il tua de leurs hommes forts, et abattit les hommes d'élite d'Israël.

Alors ce furent de jugements, "des morts" nous dit le Livre des Nombres… (Nombres 15:35, 16:41-49). Mais il n’y pas de changement…

32 Avec tout cela ils péchèrent encore, et ne crurent point par ses œuvres merveilleuses ;
33 Et il consuma leurs jours par la vanité, et leurs années par la frayeur.

Certes, Il y a eu des "retours à Dieu" dans le désert, mais sous le coup des épreuves seulement… Sitôt l’épreuve atténuée, ils retournaient dans l’ornière de leur manque de confiance… Les "retours" n’étaient que du bout des lèvres…

34 S'il les tuait, alors ils le recherchaient, et ils se retournaient, et cherchaient Dieu dès le matin ;
35 Et ils se souvenaient que Dieu était leur rocher, et Dieu, le Très-haut, leur rédempteur ;
36 Mais ils le flattaient de leur bouche et ils lui mentaient de leur langue ;
37 Et leur cœur n'était pas ferme envers lui, et ils ne furent pas fidèles dans son alliance.

Cependant, le manque de foi change-t-il la manière de Dieu ? C’est ce qu’aborde la suite du Psaume, reprenant en d’autres termes les faits relatés dans l’histoire d’Israël, pour faire ressortir la miséricorde divine.

38 Mais lui, étant miséricordieux, pardonna l'iniquité et ne les détruisit pas ; mais il détourna souvent sa colère, et n'éveilla pas toute sa fureur.
39 Et il se souvint qu'ils étaient chair, un souffle qui passe et ne revient pas.

Ici nous lisons qui est Dieu, comment Il agit envers les hommes… Riche en miséricorde, n’oubliant pas la faiblesse de l’homme, "un souffle qui passe et ne revient pas". Les voies de Dieu sont des voies de pardon.
 
Le Psalmiste interrompt alors le cours de cette énumération, pour dire avec force : "Que de fois ils l’irritèrent !"

40 Que de fois ils l'irritèrent dans le désert, et le provoquèrent dans le lieu désolé !
41 Et ils recommencèrent et tentèrent Dieu, et affligèrent le Saint d'Israël :
42 Ils ne se souvinrent pas de sa main au jour où il les avait délivrés de l'oppresseur,

La grande délivrance eût dû demeurer en leurs esprits… Et le Psalmiste évoque alors les plaies d’Égypte (Exode 7:14-11:10), ces signes si grands et si parlants qui n’eussent pas dû être ainsi oubliés

43 Lorsqu'il mit ses signes en Égypte, et ses prodiges dans les campagnes de Tsoan,
44 Et qu'il changea en sang leurs canaux et leurs courants d'eau, de sorte qu'ils n'en pussent pas boire ;
45 Il envoya contre eux des mouches qui les dévorèrent, et des grenouilles qui les détruisirent ;
46 Et il livra leurs fruits à la locuste, et leur travail à la sauterelle.
47 Il fit périr leurs vignes par la grêle, et leurs sycomores par les grêlons ;
48 Et il livra leur bétail à la grêle, et leurs troupeaux à la foudre.
49 Il envoya sur eux l'ardeur de sa colère, la fureur, et l'indignation, et la détresse, une troupe d'anges de malheur.
50 Il fraya un chemin à sa colère ; il ne préserva pas leurs âmes de la mort, et livra leur vie à la peste ;
51 Et il frappa tout premier-né en Égypte, les prémices de la vigueur dans les tentes de Cham.
52 Et il fit partir son peuple comme des brebis, et les mena comme un troupeau dans le désert ;
53 Et il les conduisit sains et saufs, et ils furent sans crainte ; et la mer couvrit leurs ennemis.
54 Et il les introduisit dans les confins de sa sainte terre, cette montagne que sa droite s'est acquise.
55 Et il chassa de devant eux les nations, et leur partagea un héritage, et fit habiter dans leurs tentes les tribus d'Israël.

Après un synthèse des expériences évoquées ci-dessus, le Psalmiste poursuivra en parlant des défaillances des Israélites dans le pays de Canaan qui leur fut confié, ce pays "ruisselant de lait et de miel" (Exode 33:3).
 
En Terre d'Israël

La fidélité fut-elle plus grande dans le pays ? Le psalmiste met ici quelques faits en exergue : l’abandon du Témoignage et l'édification des hauts lieux où étaient célébrées des idoles…

56 Mais ils tentèrent et irritèrent le Dieu Très-haut, et ne gardèrent pas ses témoignages,
57 Et se retirèrent, et agirent infidèlement, comme leurs pères ; ils dévièrent comme un arc faussé.
58 Et ils le provoquèrent à colère par leurs hauts lieux, et l'émurent à jalousie par leurs images taillées.

Le résultat : la désolation du centre religieux d’Israël. Le Tabernacle du désert, cette tente qui évoquait la présence de Dieu au milieu de son peuple, construite avec tant de soin (Exode 25 à 30), et qui était dressé en la localité appelée Silo (Josué 18:1), est désolé, abandonné… Le prophète prononcera à ce sujet un discours sentencieux : "Car allez à mon lieu qui était à Silo, où j'ai fait demeurer mon nom au commencement, et regardez ce que je lui ai fait, à cause de l'iniquité de mon peuple Israël" (Jérémie 7:12).

59 Dieu l'entendit, et se mit en grande colère, et il méprisa fort Israël.
60 Et il abandonna la demeure de Silo, la tente où il avait habité parmi les hommes ;
61 Et il livra à la captivité sa force, et sa magnificence en la main de l'ennemi ;
62 Et il livra son peuple à l'épée, et se mit en grande colère contre son héritage :
63 Le feu dévora leurs jeunes hommes, et leurs vierges ne furent pas célébrées ;
64 Leurs sacrificateurs tombèrent par l'épée, et leurs veuves ne se lamentèrent pas.

Une désolation bien grande intervient. Sans doute est-il fait allusion aux défaites du peuple devant ses voisins et ennemis, l’Arche de l’Alliance emportée par les Philistins… Ou quelque autres désastres connus tout au long de l’histoire du peuple…
 
Un nouveau départ, préfiguration des temps messianiques

Les ennemis furent jugés sévèrement…

65 Alors le Seigneur s'éveilla comme un homme qui dort, et comme un homme puissant qui, animé par le vin, pousse des cris.
66 Et il frappa ses ennemis par derrière, il les livra à un opprobre éternel.

Un nouveau départ fut offert au peuple, lorsqu’un jeune berger, David, fut établi pour conduire les Tribus d’Israël, un homme providentiel, et lorsque, plus tard, put être bâti un nouveau sanctuaire, le Temple de Jérusalem, sur la montagne de Sion…

67 Et il méprisa la tente de Joseph, et ne choisit pas la tribu d'Éphraïm ;
68 Mais il choisit la tribu de Juda, la montagne de Sion qu'il aima.
69 Et il bâtit son sanctuaire comme des lieux très-hauts, comme la terre qu'il a fondée pour toujours.
70 Et il choisit David, son serviteur, et le prit des parcs des brebis ;
71 Il le fit venir d'auprès des brebis qui allaitent, pour paître, Jacob, son peuple, et Israël, son héritage.
72 Et il les fit paître selon l'intégrité de son cœur, et les conduisit par l'intelligence de ses mains.

David, serviteur de Dieu, tiré des enclos des brebis pour être le berger d’Israël préfigure bien Celui qui viendra établir son Règne, le Messie d’Israël ! De Lui, il sera dit : "Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui ; il fera valoir le jugement à l'égard des nations" (Ésaïe 42:1). Et encore : "Voici, mon serviteur agira sagement ; il sera exalté et élevé, et placé très-haut" (Ésaïe 52:13). Et enfin, dans le Nouveau Testament, reprenant les paroles du Livre d’Ésaïe : "Voici mon serviteur que j'ai élu, mon bien-aimé, en qui mon âme a trouvé son plaisir ; je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera le jugement aux nations" (Matthieu 12:18).
 
Si l’accent du Psaume paraît mis sur l’homme qui s’écarte toujours à nouveau de Dieu, il nous aide à comprendre les attentions du Seigneur qui travaille - "Mon Père travaille jusqu'à maintenant, et moi je travaille" (Jean 5:17) – pour amener ou ramener l’homme dans le chemin de la bénédiction, dans le chemin de la foi – "Bienheureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru" (/font> – jusqu’au jour où le Messie, le Fils de David, paraîtra pour régner sur ce monde.

 

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Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans L3a Psaumes 73 à 79 | Commentaires (0)

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