03/08/2008

Ps.84 Dans ta maison !


 

Psaume 84 - Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison
 
Au chef de musique. Sur Guitthith. Des fils de Coré. Psaume.

Le dernier des trois Psaumes "sur guitthith". Ce cantique exprime la paix du racheté, celui qui regarde au delà de ses propres circonstances pour goûter le bonheur de la vie avec Dieu, et cela en traversant quelques fois la "vallée des pleurs" (vers.6), les douleurs du chemin…

1 Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées !
2 Mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l'Éternel ; mon cœur et ma chair crient après le Dieu vivant.
3 Le passereau même a trouvé une maison, et l'hirondelle un nid pour elle, où elle a mis ses petits : ... tes autels, ô Éternel des armées ! mon roi et mon Dieu !
4 Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison ; ils te loueront incessamment !   (PAUSE)

"Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison..." Cette réflexion suscite une pause de la part de celui qui se sent privé de cette part bénie ! C'est le cri du Psalmiste dans l'épreuvre. Il aspire à ce qui lui manque cruellement... "Mon âme désire, et même elle languit…" Etre dans la maison de Dieu ! Pour nous, aujourd'hui, il n’y a pas de temple, pas de lieu assigné, mais nous pouvons réaliser la présence du Seigneur auprès de nous, car il nous est dit : "Le Seigneur est proche" (Philippiens 4:6). Et cela même dans des circonstances difficiles… C'était d'ailleurs vrai pour les Israélites précipités en diaspora dans la douleur de l'exil (Ezéchiel 11:16).
 
Mais quelle est l’attente du croyant aujourd’hui ? L'attente qui pourrait produire dans son cœur les mêmes paroles que nous lisons ici ? Paul l'exprime : "Etre avec Christ", en s'expliquant : "ayant le désir de déloger et d'être avec Christ, car cela est de beaucoup meilleur." (Philippiens 1:23).
 
Ainsi commence ce que nous pourrions appeler une deuxième strophe. Après l’expression d’un souhait, voici une affirmation touchant la vie présente. Le bonheur n’est pas seulement dans l’espérance, dans l’attente. Il est éprouvé "ici et maintenant", même dans un chemin difficile… Ce bonheur se trouve dans la confiance effective en Dieu, comme nous le voyons souvent dans les Psaumes : "Dieu mon bouclier, Dieu mon rocher… " (Psaume 18:2).

5 Bienheureux l'homme dont la force est en toi, et ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés !

La force spirituelle ne vient pas de l’homme… "si quelqu'un sert, qu'il serve comme par la force que Dieu fournit" (1 Pierre 4:11). Et cette force vient à celui qui fraye le chemin de la présence de Dieu, ce chemin frayé, comme ce sentier sur lequel ne pousse aucune herbe, tant il est foulé aux pieds, marqué par des passages fréquents. Le chemin de celui qui se tourne naturellement vers Dieu dans la prière… Non pas de vaines répétitions (Matthieu 6:7), mais cette disposition à placer ses demandes devant Dieu, chemin qui produit la paix du cœur, comme nous pouvons lire : "le Seigneur est proche ; ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces, et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le christ Jésus" (Philippiens 4:6-7).

6 Passant par la vallée de Baca, ils en font une fontaine ; la pluie aussi la couvre de bénédictions.

"Baca", un arbre résineux dont le nom est proche du verbe hébreu "pleurer". C’est la "vallée des pleurs" qui est transformée par la foi en une fontaine, en un lieu de bénédictions… mais il faut les découvrir pour en connaître les consolations…

7 Ils marchent de force en force, ils paraissent devant Dieu en Sion.

De force en force, comme aujourd’hui celui qui contemple Christ : "Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit" (2 Corinthiens 3:18). C’est la marche assurée, l’homme mûr que les vents et les orages ne font pas trembler, car il sait sur qui il se repose… C’est ce que cherche le Psalmiste, car il n’affirme pas avoir pour lui-même atteint cet état, cette stature… Ainsi il adresse encore une fois sa prière à Dieu.

8 Éternel, Dieu des armées ! écoute ma prière ; Dieu de Jacob ! prête l'oreille.   (PAUSE)

A nouveau, le Psalmiste s'arrête un temps, dans la méditation. Il s'imprègnent de la bénédiction dont il se sent privé, pour reprendre aussitôt, dans le sentiment de n’être pas seul dans ce chemin de la foi. Le croyant se dit-il lui-même "l’oint de Dieu" ? Il semble plutôt qu'il mette en relation ce "nous" du peuple éprouvé et l'oint du Seigneur, le Messie, par qui viendra la bénédiction.
 
Et de reprendre alors le cours de sa prière, en soulignant encore son aspiration profonde à se trouver, ne fut-ce que sur le seuil, mais auprès de la maison de Dieu (Jean 14:1-3).

9 Toi, notre bouclier ! vois, ô Dieu ! et regarde la face de ton oint.
10 Car un jour dans tes parvis vaut mieux que mille. J'aimerais mieux me tenir sur le seuil dans la maison de mon Dieu, que de demeurer dans les tentes de la méchanceté.

La moindre des places dans le parvis est précieuse à quiconque a "goûté que le Seigneur est bon…" (1 Pierre 2:3). Soulignons ce que le Psalmiste éprouve, voyant d’une part les "tentes de la méchanceté" et de l’autre la "maison de Dieu"… C’est ce que nous trouvions déjà aux premières lignes du Livre des Psaumes : "Bienheureux l'homme qui ne marche pas dans le conseil des méchants, et ne se tient pas dans le chemin des pécheurs, et ne s'assied pas au siège des moqueurs. Mais qui a son plaisir en la loi de l'Éternel, et médite dans sa loi jour et nuit ! (Psaume 1:1-2).
 
Et il poursuit par cette affirmation précieuse :

11 Car l'Éternel Dieu est un soleil et un bouclier ; l'Éternel donnera la grâce et la gloire ; il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l'intégrité.

Nous devrions être étonnés, et émerveillés, de cette affirmation prononcée des siècles avant la venue du Messie, de laquelle il est dit : "Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ" (Jean 1:17). Et nous lisons encore : "Et la gloire que tu m'as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un, comme nous, nous sommes un" (Jean 17:22). Le Psalmiste pouvait pressentir des événements liés à la venue du Messie d’Israël, il pouvait méditer les paroles des prophètes, mais il y a ici une vision saisissante d’un avenir prophétiquement lointain pour lui, mais spirituellement toujours actuel… Voilà la vraie connaissance de Dieu ! "Non pas en questions compliquées et oiseuses" (Matthieu 12:36, 2 Timothée 2:23)

12 Éternel des armées ! bienheureux l'homme qui se confie en toi !

Une parole que nous ne pouvons oublier ! Le Psalmiste n’enseigne pas, n’indique pas la route, mais fait état, avec force, de son expérience. L’expérience d’un homme qui connaît Dieu alors que Jésus, le Christ, n’a pas encore paru… Que dirions-nous aujourd’hui, nous qui connaissons l’amour de Dieu par sa manifestation ultime, le sacrifice à la croix du Calvaire ?

 

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Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans L3c Psaumes 84 à 89 | Commentaires (0)

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